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lundi 16 février 2015

[Espace hybride] Le Tiers-lieu, retour aux sources du concept


Comme l'exprime si bien Marie D. Martel sur son blog, le concept du tiers-lieu a des origines qu'il ne faut oublier. Un retour aux sources est toujours profitable pour comprendre l'esprit du terme "tiers-lieu" et pourquoi nous préférons le terme "espace hybride".

La Tuilerie de Niollet, en Charente (16),
un des nombreux projets accompagnés par l'écosystème humain Prima Terra.

La thèse des tiers-lieux, rédigée par le sociologue américain Ray Oldenburg, a été rendu célèbre pour avoir été employée dans la stratégie marketing des cafés de la marque Starbuck.

D'après le chapitre 2 de l'essai du chercheur publié le 1er juillet 1989, "The Great Good Place : cafés, coffee, shops, bookstores, bars, hairs salons and other hangouts at the heart of the community", les tiers-lieux partagent des caractéristiques communes et essentielles.

Comme l'affirme Oldenberg, malgré les variations climatiques et sociales, les différences dans les attitudes culturelles, ils présentent la qualité d'une place permettant les rassemblements dans un cadre public informel, qui contribue à créer une communauté vivante, qui favorise une communion naturelle et un sentiment d'appartenance plus qu'une association de nature civique.

Ils offrent un lieu favorable à la diversité où les gens peuvent être eux-mêmes, acceptés pour ce qu'ils sont ou en phase avec ce à quoi ils aspirent.

Les conditions nécessaires d'un tiers lieu sont, d'après lui :


  • Un terrain neutre (page 22)
  • Le tiers lieu nivelle les différences entre les gens (p. 23)
  • La conversation en est la principale activité (p. 26)
  • Le tiers lieu est accessible et accommodant (p. 32)
  • Les réguliers (p. 32)
  • Un profil bas (p. 36)
  • L'atmosphère y est ludique (p. 37)
  • Un "home-away-from-home", un second chez soi (p. 39)
Le tiers lieu, ou par opposition le terme "l'espace hybride" que nous privilégions, afin d'éviter la notion quelque peu "social washing" du tiers-lieu employé aujourd'hui comme un espace de coworking plus sympa et ouvert. On peut également y faire référence la notion de tiers espace du chercheur en sciences sociales Hugues Bazin ou le tiers paysage du jardinier-paysagiste Gilles Clément.
Il possède dans tous les cas quelques-uns des attributs suivants.


  • Il permet l'enracinement en tant que centre physique ou pivot autour duquel nous organisons nos allers et venus.
  • Il procure un sentiment d'appropriation ou d'appartenance (NDLR : communauté d'appartenance, d'intérêt ou de destin).
  • Il favorise la re-génération sociale, le brassage d'idées,
  • Il donne le sentiment d'être libre,
  • Il suggère une certaine chaleur sociale dans les rapports entre les gens.


Nous pensons qu'il faut aller plus loin, que le tiers lieu ne peut s'arrêter à l'espace café, au biblio-café ou au cybercafé même dans l'esprit d'un coworking* (*espace de travail partagé).
Il semble important de comprendre de l'intérêt de décliner ce concept de lieu entre le travail et le logement à travers les lieux, que l'on soit dans une bibliothèque, un équipement de diffusion culturel, un musée, une mairie ou une épicerie de quartier.

Pour cela, nous proposons la notion d'espace hybride (voir définition de l'hybridation), pour fabriquer la création de nouveaux territoires, propres aux rencontres informelles, à l'expérimentation sociale, aux questionnements collectifs.

Pour poursuivre la réflexion ou nous solliciter, une seule adresse.

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