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vendredi 23 octobre 2015

[Créativité et Territoires] Esprit des échanges du mercredi 21 et jeudi 22 octobre 2015 à Poitiers


L'Internationale Situationniste ou la question de l'art capitaliste


Il doit ses origines au mouvement Cobra, né de la contestation à l'égard de l'abstraction et de la figuration.


Une des thèses est notamment à propose du jeu, vu comme un outil bourgeois au service de l'asservissement et de l'abrutissement des masses, les années 60 voyant arriver "la société du loisir".

Ce mouvement artistique se positionne contre la marchandisation de l'art, ne souhaitant pas se faire récupérer en existant en tant que processus révolutionnaire ...

- L'urbanisme unitaire ou une architecture du sensible, par opposition à l'urbanisme fonctionnel de Le Corbusier

Il faut que les espaces soient changeants, axés sur la mobilité, très inspiré de la vie tzigane.
On y parle de construction d'une "New Babylone".

- La psychogéographie, une manière d'analyser, de comprendre les espaces par les émotions.


- La pratique de la dérive, une posture déambulatoire dans la ville, dans des espaces en friche (industrielles, terrains vagues, ...) pour se laisser emmener par les flux, les sens, les émotions du territoire urbain.


- Une écriture en direction de la "Créativité, de la spontanéité et de la poésie", avec l'ouvrage de Vaneigem avec le "Traité de savoir-vivre à l'usage des nouvelles générations" ou celui de Guy Debord avec "La Société du spectacle" édités en 1967.


Quelques citations de Vaneigem, proposant de faire de sa vie une création...

"Créativité, également répartie chez tous les individus, ne s'exprim[e] directement, spontanément, qu'à la faveur de certains moments privilégiés. Ces états prérévolutionnaies, d'où irradie la poésie qui change la vie et transforme le monde, ne sont-ils pas fondés pour être placés sous le signe de la grâce moderne, le qualitatif ?"
"Les hommes vivent en état de créativité vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Percé à jour, l'usage combinatoire que les mécanismes de domination font de la liberté renvoie par contrecoup à la conception d'une liberté vécue, indissociable de la créativité individuelle. L'invitation à produire, à consommer, à organiser, échoue désormais à récupérer la passion de créer, où va se dissoudre la conscience des contraintes (1). 
- La spontanéité est le mode d'être de la créativité, non pas un état isolé, mais l'expérience immédiate de la subjectivité. La spontanéité concrétise la passion créatrice, elle amorce sa réalisation pratique, elle rend donc possible la poésie, la volonté de changer le monde selon la subjectivité radicale (2). 
- Le qualitatif est la présence attestée de la spontanéité créatrice, une communication directe de l'essentiel, la chance offerte à la poésie. Il est un condensé de possibles, un multiplicateur de connaissances et d'efficacité, le mode d'emploi de l'intelligence ; son propre critère. Le choc qualitatif provoque une réaction en chaîne observable dans tous les moments révolutionnaires ; il faut susciter une telle réaction par le scandale positif de la créativité libre et totale (3). 
- La poésie est l'organisation de la spontanéité créative en tant qu'elle la prolonge dans le monde. La poésie est l'acte qui engendre des réalités nouvelles. Elle est l'accomplissement de la théorie radicale, le geste révolutionnaire par excellence." 
L'Internationale Situationniste remet globalement le système en cause, qui est encore aujourd'hui un courant de pensée qui a l'avantage d'être vierge de tout frottement à un parti politique.

Ainsi, ce mouvement n'est pas "passé", renvoyant par sa posture critique et subversive à nourrir celles à propos de "l'urbanisme spéculatif", d'un "tourisme massifié à un tourisme vécu" ou d'une confrontation entre "société de la connaissance ou société des loisirs".


Voici, pour nourrir la réflexion, une publication du chercheur Hassan Zaoual.

"Le voyage devient une « cage » et donne l’impression que la mobilité spatiale est culturellement immobile dans la mesure où tout est organisé de telle manière que la rencontre avec l’autre s’apparente à un simulacre." 
"Epistémologiquement, les réalités perçues d’un territoire sont fonction du lieu et de la manière dont on le fait. Tout dépend de notre poste d’observation (expression empruntée au philosophe-mathématicien anglais Bertrand Russel). Ce que nous observons dépend étroitement de nos croyances sociales et scientifiques et du lieu d’où nous le faisons. On ne parle jamais de nulle part. Ainsi, « Les économistes, écrit Susan Hunt, connaissent les limitations de leurs instruments théoriques, mais ils signalent que ces instruments sont les meilleurs que nous ayons. Pourtant, comme Mark Twain l’observa jadis, si le seul outil que nous possédons est un marteau tous les problèmes ont l’apparence d’un clou »  "

De l'entrepreneuriat à la créativité inspirante


Redonner à comprendre et à voir l'entreprise comme un "organisme systémique", vivant dans la complexité de son environnement, qui repense son modèle pour exister autrement.


L'économie de la Culture, et plus particulièrement en Poitou-Charentes, est organisée sous une forme particulière d'entrepreneuriat collectif, avec des logiques de redistribution des revenus, qui, pour certaines d'entre elles, produisent des créations qui ne sont pas dictées par le marché.


Cela n'empêche que ce secteur aussi, comme l'industrie, a besoin de se ressourcer, de s'imaginer autrement, d'inventer de nouvelles manières de faire, d'échanger, de travailler de concert en évitant l'entre-soi.



Du territoire à la créativité entrepreneuriale


Qu'est-ce qui fait qu'un territoire va créer, accompagner, soutenir la créativité entrepreneuriale, et notamment les coopératives artistiques comme Méduse au Canada.


La collectivité est souvent facilitrice et en soutien des initiatives libérales, les collectifs savent investir dans le projet collectif, autour de lieux partagés notamment en investissant ensemble, fabriquant des gouvernances partagées, cherchant la rencontre partenariale, les logiques collégiales...


La coopération est en tout cas une contruction qui se fait dans le temps, avec confiance et subtilité, loin d'un simple mot valise.


Il faudra, pour le territoire de la grande région de demain, faire de la dentelle en tissant des relations humaines avec subtilité et construire la confiance en pensant avec le temps.


Il est également important de penser par la proximité des relations, en imaginant une logique de tactique de quartiers, cherchant à aller à la rencontre des acteurs économiques, des porteurs de projets.


Il semble également important de fabriquer une école des projets, donnant aux élèves à expérimenter, à faire avec l'autre en leur faisant prendre conscience que l'échec est utile. Cela passe par le fait d'apprendre à être artiste de leur vie en faisant prendre conscience que cela passe par le faire avec l'autre.


Un commentaire de la salle ...

"Un système se base sur des compétences, des formes d'intelligence, le respect de l'autre et l'empathie, mis en dynamique par des formes variées de créativité." 
Puis un autre ...
"Il faut accepter que l'autre soit différent. La fiche de poste indique un lien de subordination. Le chef d'entreprise peut avoir une estime, une conscience de l'autre mais il faut également qu'il y ait conscience de l'intérêt de l'autre. La sociologie du travail a pu relever que le salarié cherche souvent à faire plus que ce que l'organisation lui demande. Il faut donc que le chef d'entreprise créé des espaces de créativité individuelle permettant à chaque employé de faire au-delà, de mettre en dialogue des visions différentes mais pouvant générer des synergies prometteuses... 
Il faut créer de l'espace contributif entre le salarié et l'entreprise et non contributif basé sur l'échange réciproque au-delà du système de salariat. "
Il semble important de créer des espaces de médiation où les têtes de réseau ont leur rôle à jouer. Relier ses têtes de réseau mais aussi les acteurs avec d'autres.

Nous sommes tous des "hommes frontières" à la fois par notre culture, notre vie professionnelle ... A nous d'avoir un regard décentré par rapport à notre fonctionnement, de s'obliger le "pas de côté".


Nous parlons de décloisonnement. Il faut donc le penser au-delà du public-privé, secteur A ou secteur B, filière A ou filière B...



La Créativité s'inscrit dans des histoires sociales


La créativité naît dans et par des configurations, des typologies sociales.

Est-ce que la créativité dans le sport a-t-il toujours existé ? 

La reproduction industrialisée, la standardisation sont passées par là...

Années 70, à Paris, est arrivé la créativité dissidente avec les sports californiens, avec les "communautés intentionnelles" hippies, avec l'inventivité, la création par les marges.
Les publics des marges participent de cette créativité.
Les ZADistes de nos jours sont de cette forme. La créativité, c'est aussi la dissidence !

Les années 80 avec la créativité baroque, cherchant à sortir de la convenance, pour sortir du cadre. On combine, on fragmente, on hybride. Le monde est construit sur le libertinage, la jouissance, la féminisation du sport, développant de nouvelles dimensions. C'est l'émergence du renouvellement des pratiques. On met en spectacle, on se met soi-même en scène. On invente la sensation, les prestations, le marketing et l'entrepreneuriat du sport.


Nous sommes dans des dimensions claniques, tribales, le collectif est le cadre principale.


Dans les années 90-2000, on passe dans une créativité expérientielle.

On intègre alors un souci de soi, le souci des sentiments, une mystification raffinée. On est dans le monde de l'hyper-modernité, associant la pensée, le rapport aux autres. C'est l'émergence du luxe expérientiel. On est dans la scénarisation et la thématisation. On théatralise et on utilise le design comme mise en décor.

C'est l'arrivée des "ateliers" où le client devient acteur de la scène, de façon sérieuse, intègre. On est dans le mouvement, dans l'excès, invitant à jouir du monde de façon éternelle. C'est une injonction à vivre le monde... de façon versatile, éphémère.


D'autres veulent au contraire veulent être dans l'affiliation, la fidélité aux environnements, aux pratiques avec la volonté d'être dans la tradition. On pense à la dimension patrimoniale, fabrication collective d'une culture commune.


Il y a aussi le luxe ostentatoire ou le luxe raffiné, comme code culturel.


C'est aussi la McDonaldisation du monde, où tout est partout. Le monde devient un tout homogène, identique, similaire, standardisé.


Nous sommes aujourd'hui dans le monde de la transition ... récréative, invitant à poser autrement les choses. Redéfinition du rapport au numérique, c'est la cyborg-créativité. On parle alors de l'intelligence artificiel, de l'ordre du post-humanisme, passant au-delà de la confirmation humaine.


On y voit les nouvelles réalités, invitant à abandonner le corps, à la nature, au territoire physique pour une artificialisation numérique.


On a également l'éco-créativité, cherchant à la recosmification du monde, développant les reliances, pensant le soin de soi par les autres, travaillant le métissage culturel au-delà de l'hybridation, de la fragmentation.


On y parle de tiers espace, de tiers lieux... lieux de mise en commun pour inviter à repenser la créativité dans la proximité, comme un développeur de son territoire.

On songe également à Alternatiba, au guerilla gardening, à la POP culture, à l'Economie Sociale et Solidaire... avec des workshops, des temps partagés de remise en lien et en sens du monde.

C'est le monde de la nomadité, redonnant à réenchanter le monde, entrant dans un voyage de l'humanité, participant de la transformation de la vie territoriale.


Il faut alors créer des territoires de récréativité partagée pour fabriquer du sens commun, de la proximité physique, mentale et sociale. Il faut passer du hard avec de l'équipement structurant (une piscine, un parc...) pour passer à du soft, en inventant des laboratoires récréatifs basés sur les émotions, le mouvement du vent, les sentiers de l'imaginaire, de la mémoire orale, de la transmission des savoirs ... opportunité pour redéfinir les espaces communs, propriétaires collectifs de ces espaces et fabrication d'une culture orientée. 


A nous de choisir notre monde !


Voir le livre "Créativité et innovation"


Il faut passer d'une culture du structurant à une culture du sensible.

Il semble important de créer du lien entre la territorialité porté par les collectivités et l'habitabilité des habitants et de leur dynamique.

Il semble bon de créer l'espace de "l'entre-deux politique", donnant à réfléchir à chacun de faire ensemble, de créer des dynamiques pluri-acteurs. Il faut pour cela des développeurs territoriaux, des passeurs, des facilitateurs... ayant cette culture d'intermédiation.


Il faut créer un espace local où il existe des activités de conjonction, fabriquant de la spécificité, s'appuyant sur la singularité habitante. Il faut cultiver ces espaces singuliers, ces espaces du commun, où la poésie du lieu existe.


Il faut inviter à s'approprier les bio-socio-systèmes où la créativité est territoriale, porteuse de sens.


Un commentaire de Jean-Yves Pineau, du Collectif Ville Campagne.



On n'a pas attendu la dimension de "développement local"... 
D'autre part, nous sommes dans un temps de rupture où les manières de voir le monde sont devenus plus que plurielles. J'ai l'impression d'y voir encore une manière de voir notre rapport au monde comme une relation de marché. On recherche toujours la nouvelle niche, le nouveau marché.
Enfin, je rencontre des personnes qui cherchent à créer des écosystèmes, souhaitant fabriquer du commun, à tisser un ordre nouveau, souhaitant taper dans l'édifice existant pour le remettre en question à travers des stratégies et des tactiques variées.

Il y a eu le métiers du sport avec les moniteurs, puis les marketeurs et maintenant avec les éco-développeurs...


Les cyborg-créatifs sont en train de créer une nouvelle norme, une bien pensance édifiée par le numérique et la maîtrise des données. Les éco-créatifs sont en confrontation avec ces premiers, cherchant à questionner la norme culturelle, par la mise en récit, la fabrication d'une histoire commune.



Innovations sociales et créativités ?


L'innovation sociale pose la question de la politique. En effet, la posture et les techniques de créativité ainsi que le processus d'innovation ne sont que des outils et moyens au service d'un dessein.


Ne penser qu'au design, à la créativité comme format d'animation et l'innovation comme mesure incantatoire posent la question du politique, du projet commun. 

En effet, la dépolitisation est le risque premier d'une créativité prônant l'innovation exacerbée...


Sciences et Démocratisation


Une culture scientifique partagée permet le discernement et l'autonomie au service de la compréhension du monde et le travail en commun.


La créativité se rattache-t-elle aux sciences cognitives, aux sciences sociales, aux sciences territoriales (géographie, paysage, spatiales...) ?


Pour fabriquer une culture scientifique, il faut des scientifiques. Ces derniers ne sont pas les sachants qui détiennent la vérité mais ils permettent la mise en débat, de nourrir et de le clarifier en sortant des enjeux idéologiques.


Il faut également des territoires, pour ancrer les idées, les questions sur des contraintes réelles, physiques, humanisées.


Ces journées permettent de créer une diversité. Il n'est pas important de savoir si nous sommes d'accord sur le sens du mot employé mais bien sur ce que nous voulons, peu importe les mots que l'on utilise. N'oublions pas le nom du lieu où nous sommes l'Espace Pierre Mendès France de Poitiers, né du travail précurseur du vulgarisateur scientifique Michel Babinet.


Nous sommes dans une période où deux mouvements existent, deux mondes qui vivent mais ne se cotoient pas [plus]. Une nouvelle société veut naître mais elle n'est pas permise... Les choses sont verrouillées. Les acteurs des territoires font jour après jour des actions, des projets novateurs. De l'autre, les institutions font tout pour limiter, étouffer les initiatives.

La confrontation sera certainement violente. Le ferment politique sera le liant qui permettra d'évoluer.

La transdisciplinarité et la curiosité nous animent et nous rassemblent aujourd'hui. A nous de les faire perdurer.



Créativité et Urbanisme contemporain


Selon la thèse de Charles Landry, l'idée des projets urbains tels que "La Coulée verte-Pelouse de Rueilly" ou le "Quartier de Bercy" dans le 12ème arrondissement de Paris, trois éléments sont prédominants.


La Pelouse de Reuilly

- Mémoire des lieux


- Mixité des usages, des formes, des espaces.


- Jeu des Hauteurs et de dénivellés.


Il y a l'idée, avec la Coulée verte, de "recoudre la ville", en tissant du lien entre un le neuf et le vieux, entre quartiers, entre architectures et publics.


Pour tous ces quartiers, un architecte coordinateur était mandaté pour donner des règles d'identités architecturales et urbanistiques

Malgré tout, la diversité est bien présente dans les formes, les usages, la taille des espaces, tenu par un fil directeur, un axe visuel appuyé physiquement par des éléments structurants comme les signaux architecturaux, les ambiances paysagères les matériaux, les oeuvres d'art ...
En effet, les règles ne sont pas ici des limites mais bien des contraintes au service de la créativité urbanistique.

Le principe de ZAC ou Zone d'Aménagement Concerté, vu comme un laboratoire urbanistique au temps long (10, 20, 30 ans) où l'on y mobilise des acteurs aux compétences variées.



Sociétés savantes et Créativité territoriale


Les sociétés savantes sont un outil de créativité territoriale, permettant de faire connaître l'histoire, des ressources territoriales.

Les musées sont principalement absents de la loi sur le patrimoine.

La volonté éducative pour nourrir la culture patrimoniale est un élément important pour forger une dimension territoriale commune.


Est-ce que le latin et le grec sont des éléments du patrimoine commun ?

Ces deux humanités classiques sont des outils pour connaître notre histoire, se fabriquer une culture commune, mais aussi comme prétexte à la créativité collective et à l'interdisciplinarité en produisant une repas gallo-romain, par un défi permettant de rapprocher les élèves et les professeurs ...


Sémiotique et Créativité


Permettre de regarder sous les signes, écrits ou verbaux. Pour faire passer du sens, nous "bricolons" des signes.


C'est regarder le réel derrière les signes.

La sémiologie n'a pas d'outils, la sémiotique en a créé.

On part ansi d'éléments concrets, rationnels, un niveau de surface, les discours, pour analyser un niveau narratif pour ensuite travailler sur le niveau sociologique.

Voir le parcours génératif de la signification (A.J. Greimas et J.M. Floch)

A titre d'exemple, le PC Windows se positionne sur un sens technique, les compétences là où Apple communique sur l'intuition, la réalité ludique.


Il semble bon de rechercher l'invariance dans la variation. C'est ancrer dans son être véritable, se renouveler sans se renier. Cela permet de connaître son unicité, sa singularité. C'est ancrer son devenir dans une continuité du passé.


Le processus type de sémiologie : 

- Diagnostic avec intervews des dirigeants et analyse sémiotique du projet, de la structure
- Stratégie : note stratégique expérientielle et sémiotique
- Expression de la stratégie : concept boards, workshop exploratoire puis plan d'actions. C'est l'idée de guider le choix des signes utilisés.

C'est considérer le territoire comme une géographie, des contacts, des visages... qui va prendre forme à travers de nombreux points de contacts où la sémiotique est pilier essentiel. 


Pour construire, il faut de l'ambition mais il faut que l'équipement réponde à un projet, une dimension politique.



Responsabilité sociétale et Entreprise créative


Intervention d'Yves Trousselle, directeur des Systèmes d'Information et de la RSE à Aigle.


Passer du quantitatif de l'entreprise au qualitatif entrepreneurial, en agissant dans la complexité. La transidisciplinarité semble devoir exister avant même de fabriquer, de formaliser les projets.


La RSE ou responsabilité sociétale des entreprises peut se baser sur la norme guide et non certifiante ISO 26000.




Pour qu'un réseau existe et vive, il doit s'ouvrir. Le réseau Altere est un réseau d'entrepreneurs mais doit exister également à travers la présence de scientifiques, d'écologues, d'architectes, d'artistes, de retraités ...


Il peut-être intéressant de se poser les questions "comment sommes-nous biodiversité ?" et "quels impacts sur la biodiversité et quels enjeux ?".


Aigle possède un lieu de 32 hectares qui est une ancienne base militaire américaine et travaille avec la fondation LISEA pour réaliser un diagnostic biodiversité.

Un parcours de tourisme industriel est organisé avec la présentation d'une chaine manuelle de fabrication de bottes Aigle, d'un potage pédagogique salarial et de la biodiversité du domaine.


Design thinking


Le design thinking est une démarche des designers modélisée.




Schéma sur le design thinking de Prima Terra

Voici les principaux défis :


- Le designer s'attache à détecter des signaux faibles, des besoins non conscientisés, non déclarés. Pour cela, il faut s'appuyer sur les sciences humaines et l'empathie.


- Il faut savoir reformuler la problématique. Il faut savoir poser la question du "pourquoi" de façon itérative. Il faut identifier la bonne question à résoudre.


- Il faut tenter de parvenir une vision consensuelle en travaillant avec de nombreuses autres disciplines.


- Etre créatif en se permettant des idées folles.


- Tester par la mise en forme en osant tester, expérimenter en concrétisant les idées rapidement de façon à se tromper vite pour réussir encore plus vite.


- Communiquer les solutions en les valorisant et les rendant désirables par la mise en scène par la scénographie expérientielle pour toucher les émotions et ainsi provoquer le débat.




Témoignage du Domaine de Boisbuchet qui rassemble, à travers des séminaires interdisciplinaires avec des paysagistes, architectes, designers... de deux semaines maximum.


Le designer peut avoir tendance à se concentrer sur les besoins et la commande de l'entreprise qui le salarie et non pas vers l'usager final.

La démarche de design est souvent mal comprise en France dans les entreprises et la commande revient souvent à formaliser le cahier des charges issu des services marketing. 

Ce qui manque au design en France est le rapport à l'économie mais aussi à une dimension allant au-delà de la R&D et de la commercialisation, tendant vers une réflexion profonde, philosophique, spirituelle et politique.



Le vrai du faux


Qui est le "vrai" japonais ? Est-ce les objets empruntés à un monde, à une culture, à une géographie ? Est-elle physique, mentale, sociale, culturelle ?


Nous parlons souvent de "paysage emprunté".

Quel va-et-vient existe entre la vraie vie et la vie emprunté, celle des galeries, des "présentoirs de vie" ?

Une fois sorti de la galerie, le regard développé ne vient-il pas se poursuivre dans la rue ?
Le parcours dans la ville est par nature éphémère, les instants pris étant eux-même le fait d'un instant, d'un moment.

Les parcours sensibles dans les galeries peuvent-ils sortir de Paris ? Il y aurait matière, à Poitiers par exemple, à fabriquer du parcours sensible, émotionnel, décalé.


Il n'y a pas de guide, mais seulement un passionné qui fait visiter, qui parle d'art contemporain.Il y a une découverte où le sachant n'existe pas. Le guide est en retrait, avec une posture fine qui appelle à l'échange, à la découverte partagée. Le guide apprend autant qu'il donne à apprendre, à découvrir.



Alimentation bonne, propre et juste


Slow Food ou la volonté de défendre une alimentation bonne, propre et juste par "un mouvement glocal" au service de la biodiversité dans toutes ses dimensions. 


Il semble important de répertorier, d'identifier les variétés végétales et les races animales. Mais le plus important pour ne pas mettre sous cloche est de trouver les possibles économiques afin de faire vivre les producteurs, "les sentinelles du goût".


Est-ce que la labellisation territoriale peut permettre de "protéger" la diversité d'un territoire ? Est-ce que celui-ci n'a pas tendance à figer le processus ? Enfermer la créativité ?


Il semblerait que l'auto-contrôle soit privilégié ... donc la question de la confiance en l'autre.


La question de l'équilibre entre un processus citoyen, une dynamique informelle simplement portée par des valeurs partagées et le principe de marchandisation porté par l'étiquette du "made in", dans l'idée d'un concept store territorial, passant par des montages juridiques complexes où le lucratif cotoie intimement le non lucratif, des alliances avec des structures économiques aux modèles d'affaires plus classiques, une appropriation culturelle discutable  ... est bien là.


Quel lien existe entre le "mouvement" Slow Food et le courant artistique du Eat Art porté par l'artiste suisse Daniel Spoerri ? Ce courant cherche à réduire l'écart et la vie grâce à l'alimentation et de nous interroger sur ses aspects symboliques, culturel, social et politique.



Patrimoines et créativité


Il est intéressant d'aller puiser dans les spécificités éthnographiques, les données et les objets du territoire, pour fabriquer des objets identitaires.


C'est l'exemple notamment de Civaux, de son musée archéologique et de la collaboration partenariale avec un patissier du village pour créer un biscuit ayant la forme d'un objet historique [et logo du musée] dont celui-ci aurait un emporte-pièce.


Attirer avec des événements simples et grand public s'appuyant sur l'histoire ou un imaginaire culturel comme la création d'une soirée de dégustation de la cuisine romaine. Ce qui va permettre de créer des partenariats avec des savoir-faire locaux : boulanger, horticulteur ...



Tourisme de masse et lobotomisation


Nomadisme digital, visite de masse, expérience insolite, produit marketing exceptionnel ... qui se confronte ou s'appuie sur une société qui se trouve dans une spirale de la peur.

En France, nous avons peur de la jeunesse. Avoir peur de l'avenir, peur de l'autre, revient à avoir peur de tout.

Interactions et Participation.


L'interculturalité lié à l'arrivée des Syriens est une opportunité pour la créativité.

Il faut de l'audace pour comprendre cela.

Où s'arrète le tourisme créatif ? Dans l'audace liée à l'opportunité pour explorer l'inconnu ou dans le conservatisme des traditions ?



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