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mercredi 18 décembre 2013

Retour sur la conférence « Patrimoine immatériel et territoires » à la Caisse des Dépôts


Organisée par la Chaire européenne du management de l’immatériel (Université Paris-Sud), l’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE) et la Caisse des Dépôts (CDC), la conférence "Patrimoine immatériel et territoires" se déroula le 17 octobre dernier.





Les organisateurs de la conférence


Retour sur les échanges ...

Les actifs immatériels sont de puissants facteurs de compétitivité et de croissance dans les économies modernes. Ce capital intangible est sans doute un atout majeur pour nos territoires pour faire face à une concurrence mondialisée. Les entreprises sont évidemment concernées au premier plan, mais le secteur public est lui aussi riche d’un patrimoine immatériel : savoir-faire, brevets, marques, données, patrimoine culturel, etc.


Contexte : l’émergence des actifs immatériels dans nos systèmes de production et de formation (Ludovic Valadier, Ahmed Bounfour, Jo-Michel Dahan)

Les chercheurs, les grandes institutions internationales, mais aussi les pays émergents accordent une importance accrue à l’étude de l’impact des actifs immatériels sur l’attractivité des territoires. Cet intérêt croissant s’explique notamment par le poids des investissements immatériels dans nos économies, mais aussi par le fait que la concurrence entre entreprises se joue désormais de plus en plus sur des facteurs de compétitivité hors-coût. Les composants immatériels tels que les marques, le design, la réputation, les réseaux, jouent désormais un rôle fondamental.

Ce changement s’accompagne d’une autre évolution majeure, à savoir l’émergence de nouveaux modes de production de l’économie de la connaissance s’appuyant sur des réseaux, ou des communautés donnant lieu à des formes intermédiaires de création de valeur. Ces nouveaux modes d’organisation aboutissent à leur tour à la création d’actifs immatériels nouveaux, produits conjointement par différents acteurs, publics et privés. Ces actifs d’un type nouveau nécessitent une gouvernance appropriée, restant à définir, pour en retirer tout le potentiel pour nos territoires.

Autre bouleversement de grande ampleur, la montée en puissance du numérique, domaine dans lequel la Caisse des Dépôts agit pour le développement des infrastructures et des usages. Pour prendre l’exemple de la formation, c’est un axe majeur utilisé notamment par les établissements d’enseignement supérieur pour renforcer leur visibilité nationale et internationale, et un formidable outil pour optimiser le pilotage et la gestion par l’utilisation des
systèmes d’informations.

Dans les territoires, il est un outil de désenclavement. Il touche aussi le coeur des missions fondamentales de l’université, à savoir l’enseignement. Ces établissements développent de nouvelles stratégies adaptées aux conditions d’accès à la connaissance (e-learning, blended learning, mobile learning, etc.). La production de savoirs sera de plus en plus numérisée et mondialisée, notamment avec les MOOC (Massive Open Online Courses). Le gouvernement a lancé une initiative avec la plate-forme France université Numérique.

Cette action contribue à la visibilité des universités, à leur attractivité et leur compétitivité internationale.

Plus globalement, le secteur public ne peut rester indifférent à ces évolutions. En premier lieu parce qu’il a un rôle à jouer dans l’organisation des réseaux de production de la connaissance grâce à son rôle de tiers de confiance. Mais aussi parce qu’il est détenteur d’un grand nombre d’actifs immatériels. Une gestion optimisée de ces actifs contribue à améliorer l’efficience des
entités publiques. Mais mis à disposition de tiers, ils peuvent aussi renforcer l’attractivité des territoires par un phénomène de fertilisation croisée.


Les paradoxes de l’économie de la connaissance :
l’affirmation des territoires (Ludovic Valadier, Pierre Veltz, Michel Ruffin)

Nous assistons à une hyper polarisation qui s’explique par le développement autour de plateformes communes, mais aussi par un besoin croissant d’interaction entre les différents acteurs qui nécessite une proximité physique pour faciliter les échanges. Une étude de l’université de l’Indiana a calculé les distances géographiques entre les localisations des cosignataires d’articles scientifiques. Il apparaît, de façon paradoxale, qu’à l’ère du numérique, ces distances tendent à diminuer.

Missionnée par le Premier Ministre, la CDC a publié un rapport qui recommande de mettre en place un dispositif de quartiers numériques, s’appuyant sur les territoires pour engager une démarche collective, coordonnée au niveau national, favorisant l’animation, la mise en réseau et le développement des différents écosystèmes numériques locaux. Ces quartiers numériques posent trois questions paradoxales :
  • Paradoxe géographique : hyper-localité, très forte concentration et ubiquité
  •  Paradoxe du temps réel : cycles d’innovation rapide et nécessité du temps long
  •  Paradoxe Darwinien : laisser libre la créativité pour une recherche tout azimut et s’imposer d’être sélectif.


Patrimoine culturel et territoires (Stéphane Martinet, Julien Anfruns, Christian Hottin, Xavier Dectot)

La France a un patrimoine culturel de premier plan avec des marques mondialement connues comme en atteste le projet Louvre à Abu Dhabi, mais aussi la tournée mondiale de la Comédie française. Elle jouit également d’un patrimoine architectural qui a été préservé et entretenu, ayant fait naître une prise de conscience relativement tôt de l’importance de la conservation de cet héritage historique. La France dispose également de nombreux savoir-faire ou traditions, certains ayant été inscrits à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité établie par l’UNESCO.

Ce patrimoine immatériel joue un rôle essentiel dans l’attractivité de la France et de ses territoires. D’autres pays dans le monde fondent leur politique de développement économique, ou du moins leur politique d’influence diplomatique, sur le patrimoine culturel comme la Chine, le Qatar ou encore le Brésil.



L’innovation au sein des territoires (Daniel Thomas, Nicolas Carboni, Marianne Faucheux)


Les acteurs publics de la recherche (universités, centres de recherche) contribuent à créer de la valeur dans nos territoires par leur apport en termes de connaissances et d’innovation. Les pôles de compétitivité et les sociétés d’accélération de transfert technologique (SATT) sont des acteurs importants pour diffuser les connaissances produites auprès du tissu économique local.

Mais leur activité même est créatrice de nouveaux actifs immatériels, plus « liquides » que les brevets, tels que la confiance entre partenaires, la qualité des réseaux, l’image de marque d’un territoire, le pouvoir de peser sur la normalisation, etc. Ces actifs produits de manière conjointe entre acteurs publics et privés sont d’un genre nouveau et nécessitent d’être pris en compte par la gouvernance des différentes structures et les évaluations publiques.


Conclusion (Michel Ruffin, Danielle Bourlange)

Les nouveaux modes de collaboration au sein d’un territoire génèrent des actifs immatériels « coconstruits », relativement mal cernés comme l’image de marque et l’effet de réseau. Ce phénomène s’observe d’un point de vue économique avec le développement de partenariats entre entreprises, mais aussi au niveau de l’innovation sociale avec une importance accrue des réseaux associant ou non des acteurs publics.

Ces actifs immatériels développés conjointement, qu’ils soient durs comme les brevets ou plus « soft » comme les réseaux, représentent un atout indéniable pour l’attractivité de nos territoires.

Pour exploiter pleinement le potentiel de ces actifs territoriaux, il faut inventer de nouvelles formes de gouvernance de ce patrimoine. Or, la question de la complémentarité et de la fertilisation croisée entre actifs immatériels publics et privés n’a été jusqu’à aujourd’hui que peu explorée en tant que telle. Il parait donc nécessaire de mieux en appréhender les déterminants et les effets afin de disposer de repères utiles pour identifier, mesurer et piloter. Il y a là un nouveau champ d’investigation pour la recherche avec de nombreuses questions à éclairer.

Avec Pierre Veltz, nous pouvons dire que « là où tout est immatériel, ce qui ne l’est pas reprend d’autant plus de valeur », et contribue à l’affirmation des territoires et renforce la nécessité des lieux physiques de rencontre des acteurs. De cette expertise nouvelle découleront sans doute de nouveaux modèles de gouvernance ou d’évaluation de la performance, dans le cadre d’une économie de la connaissance impliquant à la fois la sphère publique et le secteur marchand.


> Compte-rendu complet des échanges sur demande.


Des informations particulièrement intéressantes pour les collectivités, les entreprises, les établissements de formation, etc. cherchant à valoriser ce qui fait leurs valeurs, leur notoriété, qui peut être l'héritage de patrimoines matériels (bâti, espaces naturels...) et immatériels (histoire des lieux, paysages, le principe de biodiversité...).

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